Se bercer n’est pas que pour les enfants. Les bienfaits du bercement sont autant pour les petits que pour les grands.

Bercer un bébé pour l’endormir, ou un jeune enfant pour le réconforter est un geste tout à fait naturel et instinctif. Ce que l’on sait peu toutefois, c’est que ce mouvement cadencé a des effets extrêmement bénéfiques chez les enfants autant que chez les adultes. Si le bercement est reconnu pour faciliter l’endormissement des enfants, et pour les aider à se calmer, il procure les mêmes effets chez l’adulte et bien davantage encore.

En effet, lequel d’entre nous n’a pas senti ses paupières devenir lourdes lorsqu’il était bercé par les oscillations d’un train ou celles d’un hamac ? Et qui n’apprécie pas se caler dans un fauteuil bien rembourré et se bercer calmement avant d’aller dormir ? Explorons les effets qu’a ce doux va-et-vient sur notre cerveau et notre bien-être.

Essentiel pour notre développement et notre bien-être

Pour endormir le petit bébé, rien de mieux que de le prendre dans nos bras et de le bercer. Il semblerait que ce mouvement le ramène instinctivement aux sensations de flottement qu’il a connues lorsqu’il était dans le ventre de sa maman. Chez le nourrisson, le bercement est rassurant, il calme et apaise. Il lui permet de s’endormir plus rapidement et de dormir plus profondément. Bercer un bébé répond à son besoin socioaffectif. Mais cela va plus loin encore.

Le bercement développe la perception visuelle. Lorsque nous balançons un enfant au parc, nous lui proposons en même temps un exercice pour les yeux. Lorsque vous le balancez, vous lui permettez d’observer l’environnement à partir de différents points de vue. Si vous l’assoyez sur vous en vous balançant, vous comblez en même temps son besoin socioaffectif. Si vous bercez un poupon, positionnez-le différemment de façon à lui permettre de découvrir de nouveaux horizons : assis sur vos genoux, il regardera devant. Debout, collé sur vous, il regardera par-dessus vos épaules. Couché et allongé sur votre bras, il regardera vers le sol.

Le bercement aide à développer l’équilibre. Qu’ils se balancent sur un cheval à bascule, sur une balançoire, sur un ballon d’exercice, les enfants développent leurs muscles et aiguisent leur équilibre.

Le bercement induit au rythme, car il permet aux enfants de découvrir le rythme. Ils explorent ainsi les mouvements lents ou les mouvements rapides. Accompagner les mouvements de comptines, de berceuses ou en fredonnant une chanson est encore mieux.

Si le bercement est si bénéfique chez l’enfant, il l’est tout autant chez l’adulte.

Bénéfique pour la synchronisation des neurones

Lorsqu’on est éveillé, nos neurones libèrent des signaux de manière anarchique alors que lorsque nous sommes endormis, ils se synchronisent naturellement. Ainsi, lorsque la fréquence des ondes diminue, cela est bénéfique à plusieurs niveaux, car les études révèlent que le bercement permet de s’endormir plus rapidement et mieux, qu’il renforce les rythmes du sommeil, en augmentant certaines ondes lentes du cerveau et qu’il favorise un sommeil de qualité. Plus encore, le bercement serait tout aussi bénéfique à notre mémoire.

Le bercement qui serait le plus efficace est celui qui se rapproche du rythme des battements du cœur au repos, c’est-à-dire entre 60 et 70 oscillations par minute. Pour un résultat optimal, le mouvement doit rester doux et cadencé. À l’opposé, un bercement trop énergique sur un jeune enfant peut s’avérer extrêmement dangereux.

Un atout pour la mémoire et l’équilibre

Des chercheurs lémaniques démontrent dans une étude les bienfaits du bercement tant sur le sommeil que sur la mémoire. Une équipe de neuroscientifiques suisses, ils ont voulu savoir quels sont les effets de ce mouvement lent sur le cerveau et vérifier si les effets du bercement touchaient aussi bien les bébés que les adultes. Les résultats de ces études, une chez l’homme (1) et l’autre chez les souris (2) publiées dans « Current Biology », sont étonnants.

Ces études ont permis de découvrir que le bercement continu permet de synchroniser l’activité neuronale des réseaux thalamo-corticaux, qui jouent un rôle important dans la consolidation du sommeil, mais également de la mémoire.

Ils ont soumis des participants à des tests mnésiques. Ces personnes devaient apprendre des paires de mots le soir et s’en souvenir le matin, au réveil. Là aussi, le bercement s’est révélé bénéfique: les résultats des tests étaient bien meilleurs après une nuit en mouvement qu’après une nuit immobile. Pour les fins de l’étude, les participants dormaient sur des lits en mouvement.

Visionnez le lit berçant en action  en cliquant ici

Selon la chercheuse Nancy Watson de la University of Rochester School of Nursing, le bercement apporte réellement plus de tranquillité d’esprit chez les personnes âgées et atteintes de démence. S’il a bien été documenté qu’un doux mouvement répétitif procure un effet apaisant auprès des nourrissons, il a été démontré que la même chose est vraie chez une population âgée souffrant de détresse émotionnelle. Selon une étude clinique auprès d’une clientèle en perte d’autonomie, l’utilisation fréquente d’un fauteuil berçant améliore l’équilibre et la circulation du sang, réduit la douleur musculaire, et diminue l’anxiété et la dépression. Le bercement est donc un complément important aux programmes de thérapie des centres de soins de longue durée.

Dans une étude financée par le New York State Department of Health, Watson a étudié 25 résidents d’un centre de soins de longue durée avec un diagnostic de démence, soit en raison de la maladie d’Alzheimer ou d’autres causes. Les infirmières du centre Kirkhaven à Rochester ont étroitement étudié le comportement des résidents pendant six semaines durant lesquelles ils ont pu se bercer. Elles ont ensuite comparé leur comportement pendant six semaines alors que le mécanisme de bascule sur les chaises a été désactivé. Pendant les semaines qu’ils se berçaient, la plupart des résidents ont bénéficié d’une amélioration de leur bien-être psychologique et émotionnel, selon Watson, une assistante-professeure à l’école de soins infirmiers de l’université et une experte en recherche infirmière gérontologique, un domaine où l’université se classe dans le top 10 au niveau national.

«Tout de suite, le personnel soignant a remarqué l’effet le plus dramatique : la chaise berçante pouvait calmer un résident lorsqu’il ou elle était en détresse émotionnelle. Un aide-soignant aidait le résident à s’asseoir et se bercer dans la chaise, et le patient se calmait immédiatement. »

Dans l’étude, les résidents se sont bercés entre une demi-heure et deux heures et demie par jour pour cinq jours par semaine. Si une amélioration n’a pas été constatée chez tous les résidents, elle a été plus marquée chez ceux qui se sont bercés le plus souvent, selon Watson. « Plus ils se berçaient, et mieux ils se sentaient.» (3)

Les résultats obtenus par ces premières études laissent espérer de nouvelles approches pour traiter les troubles du sommeil, notamment dans les troubles de l’humeur, du sommeil et de la mémoire. Pendant que la communauté scientifique continue de se pencher sur les bienfaits du bercement, nous, continuons de nous bercer allégrement, que l’on soit petit, grand et vieillissant…

Et la prochaine fois que vous passerez devant un parc, arrêtez-vous un moment et allez vous balancer ! Je vous confirme un bienfait supplémentaire, vous conserverez votre cœur d’enfant !

Source: Magazine Papillon, vol. 1, # 4. Vous pouvez télécharger la version PDF complète du magazine à cet endroit:
https://conversationpapillon.com/magazine-papillon/


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