Une conversation avec le Dr Rollin McCraty, Directeur de la recherche à l’institut HeartMath.

Par Annie Laforest 

C’est d’abord par curiosité que j’ai commencé à pratiquer la cohérence cardiaque. J’avais entendu parler des bienfaits exceptionnels de cette technique permettant d’améliorer la communication entre le cœur et le cerveau. J’ai vite constaté les bienfaits que procure cette nouvelle façon de respirer. Il n’en fallait pas plus pour que je décide de poursuivre mes recherches, qui m’ont menée jusqu’à l’Institut HeartMath, en Californie.
J’y ai appris que ses chercheurs avaient réussi à démontrer scientifiquement comment la cohérence cardiaque permet d’augmenter nos fonctions cognitives, diminuer notre stress et mieux gérer nos émotions. Mieux encore, sa pratique régulière nous aide à entrer en contact avec notre intuition profonde. Très motivée par mes premières découvertes, je me suis inscrite au programme de coach pour ensuite devenir formatrice certifiée HeartMath. C’est dans le cadre de ma formation que j’ai eu le privilège d’avoir comme enseignant le Dr Rollin McCraty, qui y dirige la recherche depuis plus de 25 ans.

Depuis, l’Institut HeartMath a effectué de nouvelles percées en la matière. C’est le cas de la cohérence sociale, c’est-à-dire la capacité des personnes pratiquant la cohérence cardiaque à influencer non seulement la biologie d’autres personnes vers une augmentation de notre énergie en tant qu’espèce, mais aussi celle de la planète, contribuant ainsi à résoudre les problèmes que nous connaissons collectivement. Je vous invite ici à rencontrer le Dr Rollin McCraty.

Rollin McCraty, vous êtes le directeur de la recherche à l’Institut HeartMath, en Californie. Parlez-moi un peu de l’organisation et de sa mission. 

La mission officielle de l’institut consiste à fournir des outils, des techniques et des technologies afin d’aider les gens à aligner, à harmoniser leurs systèmes physique, mental et émotionnel grâce à la guidance intuitive de leur propre cœur. J’entends par là le cœur énergétique, au sens littéral du terme. En effet, nous affirmons que le cœur physique est en réalité le cœur énergétique. Il ne s’agit pas ici d’une métaphore. Historiquement, les anciens et les philosophes de l’Antiquité ont dit que c’est le cœur qui nous permet d’accéder à un degré de plus en plus élevé de sagesse et de courage, ainsi qu’à une intelligence supérieure.

Nous effectuons des recherches sur ce sujet en particulier et nous développons des outils, des techniques et des technologies qui permettent aux gens d’avoir accès à cette partie plus intime de leur être et ainsi découvrir qui ils sont vraiment.
Nous parlons donc d’intelligence du cœur et de cohérence cardiaque, de quoi s’agit-il au juste?

La cohérence du cœur est un rythme cardiaque précis. Pour que l’on comprenne bien, notre rythme cardiaque varie à chaque battement. C’est ce qu’on appelle la variabilité de la fréquence cardiaque. Lorsque vous reliez les points entre eux, à savoir l’intervalle de temps qui sépare chaque paire de battements cardiaques, vous obtenez le rythme. La cohérence cardiaque correspond à un rythme cardiaque bien précis, que nous avons pu identifier après plusieurs centaines d’études indépendantes sur le sujet, qui correspond à un état optimal pour nous maintenir en santé et qui nous donne aussi accès à notre grande intuition. Les études ont démontré que c’est notre état naturel.

Les battements cardiaques envoient différents codes et messages. Disons que c’est une façon plus simple de voir cela. Donc, quand nous sommes en état de cohérence cardiaque, le rythme ressemble à une belle onde régulière tandis que lorsque nous ressentons de la frustration ou de l’impatience, nous voyons apparaître un rythme très chaotique. Ces fréquences sont envoyées au cerveau et peuvent soit inhiber, soit faciliter des fonctions mentales. De plus, lorsque nous sommes en état de cohérence cardiaque, cela nous ouvre les portes d’une intuition supérieure, pour une guidance intérieure. Cette intuition et cette guidance ne proviennent pas de notre cerveau, mais d’une autre dimension ou d’une autre partie de nous-mêmes. Et c’est ce que j’entends par intelligence du cœur, la circulation fluide d’une guidance intuitive qui serait notre meilleure amie, notre voix intérieure, celle de notre cœur.

Je sais que vous mesurez aussi la cohérence de la planète Terre au regard de la cohérence de l’être humain. Il est donc important de prendre conscience que la terre elle aussi a un cœur qui bat probablement en relation avec celui de l’être humain. Est-ce exact? 

Tout à fait. Un de nos projets porte le nom de Global Coherence Initiative (Initiative sur la cohérence planétaire). Je ne peux pas préciser les détails de l’aspect scientifique aujourd’hui, mais disons que nous avons placé des magnétomètres très sensibles autour de la terre. Des dispositifs particuliers mesurent le champ magnétique de la terre, sa fréquence vibratoire. Les résultats sont fascinants. Dans le cadre de notre entretien, l’aspect le plus pertinent à retenir est probablement le suivant.

Imaginez que mon poing fermé représente la Terre et que de ce centre irradient des champs magnétiques partout dans l’espace, à des distances de plusieurs centaines de milliers de kilomètres. Ces lignes formeraient un genre de tore autour de notre planète.

Pour faciliter la compréhension, on a qu’à se rappeler nos cours de sciences où l’on mettait de la poudre de fer sur une plaquette de verre sous laquelle on plaçait ensuite un aimant; des lignes se formaient automatiquement. Si vous vous souvenez bien, ce sont des lignes qui se formaient plutôt qu’un ensemble homogène noir, car c’était le champ magnétique qu’on pouvait voir se former ainsi. C’est la même chose pour le champ magnétique de la terre. Ces lignes sont d’ailleurs littéralement comme des cordes de guitare, ce n’est pas une métaphore. Elles sont pincées par le vent solaire qui les touche et les fait vibrer. Or, une des principales fréquences qui résonnent à partir de ces lignes du champ magnétique terrestre — qu’on appelle « résonances du champ magnétique vibratoire » — est exactement la même que celle que l’on peut observer du champ d’un être humain dont le cœur vibre en cohérence. Nous évoluons donc dans les mêmes fréquences, le champ magnétique de nos cœurs et celui de la planète terre.

D’où l’importance pour l’être humain de générer le plus d’émotions positives, car il en va de l’avenir de notre belle planète et de ses habitants! 

Qu’est-ce qu’un tore?

Pour pratiquer la technique de respiration enseignée à l’Institut HeartMath,
et débuter votre pratique de la cohérence cardiaque, cliquez sur la vidéo ci-dessous.

Pour découvrir l’Institut HeartMath, visitez le site officiel à cette adresse : https://www.heartmath.org

Vous trouverez un texte plus complet qui explique plus en profondeur les bienfaits de la pratique de la cohérence cardiaque. Téléchargez gratuitement le Vol 1 # 1 du Magazine Papillon à cet endroit:
https://conversationpapillon.com/magazine-papillon/


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    1 Response to "L’intelligence du cœur"

    • Anwen

      Bonjour,
      Permettez-moi de débuter mon commentaire par un extrait du « Petit Prince » d’Antoine de Saint-Exupéry.
      « Voici mon secret : on ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux », dit le Renard au Petit Prince.
      « L’essentiel est invisible pour les yeux, répéta le petit prince, afin de se souvenir.
      « C’est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante.
      « C’est le temps que j’ai perdu pour ma rose… fit le petit prince, afin de se souvenir.
      « Les hommes ont oublié cette vérité, dit le renard. Mais tu ne dois pas l’oublier. Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. Tu es responsable de ta rose.
      « Je suis responsable de ma rose… répéta le petit prince, afin de se souvenir. »
      Eva de Vitray Meyerovitch, considérée comme une très grande spécialiste du soufisme et de l’Islam, expliquait en 1982, dans la revue Question de que, sous l’effet du symbolisme, la pensée est incitée à un effort personnel, à une curiosité provoquée, à une recherche. Le premier pas sur la voie de la connaissance mystique sera ce pressentiment d’un au-delà de ce qui n’était perçu que comme une réalité concrète. Dès lors, commence le voyage de l’extérieur vers l’intérieur, de l’apparence à l’inconnu.
      Paule Amblard nous dit que « Le symbole est une fenêtre sur l’invisible… Cette ouverture, cette élévation qui nous dépouille de tout attachement à la matière, ce cœur qui s’ouvre, écoute et perçoit au-delà du sens naturaliste. Cette acceptation de la mort et ce retour en enfance. Redevenir enfant ne signifie pas infantile, au contraire, il s’agit de retrouver cette pureté, cette nudité, cette spontanéité, cette confiance d’enfant. Une confiance aimé par le ciel… »
      Selon l’Evangile de Matthieu, si nous redevenons comme des « petits enfants » nous entrerons dans le « royaume des cieux ».
      Et la même auteur d’écrire dans son livre Un Pèlerinage intérieur : « Il y a dans la vie une source intuitive qui nous pousse au-delà de notre raison. On répond à ce que cette force nous dicte sans trop se demander pourquoi. Ce n’est pas une réaction à un événement, pas une pulsion, mais quelque chose de plus enfoui, une certitude des choses qui dure une seconde mais qui transforme votre vie lorsqu’on la suit. ».
      Cette intuition intellectuelle et supra-rationnelle dont il semblent qu’on ait perdu jusqu’à la simple notion, c’est véritablement la connaissance du cœur, suivant une expression qui se rencontre fréquemment dans les doctrines orientales.
      Pour les modernes, le cœur se trouve réduit à ne plus désigner que le centre de l’affectivité, alors que pour les Anciens, il était regardé comme le siège de l’intelligence, non pas de cette faculté tout individuelle qu’est la raison, mais de l’Intelligence universelle dans ses rapports avec l’être humain qu’elle pénètre par l’intérieur, puisqu’elle réside ainsi en son centre même, et qu’elle illumine de son rayonnement.
      La connaissance du cœur, c’est la perception directe de la Lumière intelligible, de cette Lumière du Verbe dont parle « saint Jean » au début de son Évangile, Lumière rayonnant du Soleil spirituel qui est le véritable Cœur du Monde.
      Ceci donne l’explication d’un symbolisme suivant lequel le cœur est assimilé au soleil et le cerveau à la lune.
      Quand le Soleil de la Connaissance spirituelle se lève dans le ciel du cœur, dit le Védânta, il chasse les ténèbres, il pénètre tout, enveloppe tout, et illumine tout. Celui qui a fait le pèlerinage de son propre « Soi », un pèlerinage dans lequel il n’y a rien concernant la situation, l’espace ou le temps, qui est partout, dans lequel ni le chaud ni le froid ne sont éprouvés, qui procure une félicité permanente et une délivrance définitive de tout trouble ; celui-là est sans action, il connaît toutes choses, et il obtient l’Éternelle Béatitude.
      « Connais-toi toi-même » disait l’expression inscrite sur le fronton du temple de Delphes.
      La connaissance ne peut être acquise que par une compréhension personnelle que l’homme doit trouver seulement en lui-même. Aucun enseignement « conventionnel » n’est capable de donner la connaissance réelle.
      Sans cette compréhension, dit René Guénon, aucun enseignement ne peut aboutir à un résultat efficace, et l’enseignement qui n’éveille pas chez celui qui le reçoit une résonance personnelle ne peut procurer aucune sorte de connaissance. C’est pourquoi Platon dit que « tout ce que l’homme apprend est déjà en lui » et qu’Ibn Sina exprimait ainsi : « Tu te crois un néant et c’est en toi que réside le monde. ». Toutes les expériences, toutes les choses extérieures qui l’entourent ne sont qu’une occasion pour l’aider à prendre conscience de ce qu’il a en lui-même. Cet éveil est ce que Platon appelle anamnésis, ce qui signifie « réminiscence ». Si cela est vrai pour toute connaissance, ce l’est d’autant plus pour une connaissance plus élevée et plus profonde, et quand l’homme avance vers cette connaissance, tous les moyens extérieurs et sensibles deviennent de plus en plus insuffisants jusqu’à perdre finalement toute utilité. S’ils peuvent aider à approcher la sagesse à quelque degré, ils sont impuissants à l’acquérir réellement, quoiqu’une aide extérieure puisse être utile au début, pour préparer l’homme à trouver en lui et par lui-même ce qu’il ne peut trouver ailleurs et particulièrement ce qui est au-dessus du niveau de la connaissance rationnelle. Il faut, pour y atteindre, réaliser certains états qui vont toujours plus profondément dans l’être, vers le centre qui est symbolisé par le cœur et où la conscience de l’homme doit être transférée pour le rendre capable d’arriver à la connaissance réelle. Ces états qui étaient réalisés dans les mystères antiques étaient des degrés dans la voie de cette transposition du mental au cœur (Mélanges, p.p. 33-34).
      Ceux qui se font initier, dit Aristote, apprennent moins quelque chose, qu’ils ne font l’expérience de certaines émotions et ne sont plongés dans un état d’esprit particulier.
      Précisons que le mot initiation dérive d’initium et que ce terme signifie proprement « entrée » et « commencement » : c’est l’entrée dans une voie qu’il reste à parcourir par la suite, ou encore le commencement d’une nouvelle existence au cours de laquelle seront développées des possibilités d’un autre ordre que celles auxquelles est étroitement bornée la vie de l’homme ordinaire.
      « La vérité se révèle plutôt au cœur de l’homme qu’à sa raison », dit Hippolyte Destrem, parce que le cœur de l’homme est inspiré par l’Esprit féminin.
      Pour trouver la Vérité, il n’y a que deux voies à suivre : celle de la Science et celle de l’Amour.
      La Religion, c’est la voie de l’Amour.
      L’Amour, c’est le lien moral qui unit l’homme à l’Esprit féminin, et c’est ce lien qui est la Religion.
      Cordialement.

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